Le spectre de l’autisme et le TDAH

Deux troubles du neurodéveloppement, différents mais souvent associés, présents dès l’enfance et tout au long de la vie, avec des besoins très différents d’une personne à l’autre.

Deux troubles du neurodéveloppement

Dans les troubles du neurodéveloppement, le cerveau se développe et fonctionne d’une manière particulière dès l’enfance. Le trouble du spectre de l’autisme et le TDAH en font partie. Ils sont distincts, mais une même personne peut avoir les deux.

Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) se manifeste dans deux grands domaines : la communication et les interactions sociales, et des comportements, intérêts ou activités répétitifs ou restreints, souvent avec des particularités sensorielles. Il concerne environ une personne sur cent.

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) associe des difficultés d’attention, et parfois une agitation et une impulsivité. Il concerne environ 5 % des enfants et persiste souvent à l’âge adulte.

Des particularités propres à chacun

On parle de « spectre » car les situations sont très diverses : certaines personnes autistes vivent de façon autonome, d’autres ont besoin d’un accompagnement important au quotidien. Voici des particularités fréquentes, plus ou moins marquées.

Communication sociale

Difficultés à décoder les sous-entendus, les expressions du visage ou les règles sociales implicites.

Besoin de prévisibilité

Les routines rassurent, et les changements imprévus peuvent être source d’anxiété.

Intérêts spécifiques

Des centres d’intérêt intenses, souvent source d’expertise et de plaisir.

Perceptions sensorielles

Une sensibilité très forte ou au contraire faible aux bruits, lumières, textures, odeurs ou au toucher.

Fatigue et surcharge

S’adapter en permanence fatigue. Une surcharge peut mener à un besoin de retrait ou à une crise.

Camouflage

Beaucoup de personnes, notamment des filles et des femmes, masquent leurs difficultés, ce qui retarde souvent le diagnostic.

Attention, agitation, impulsivité

Le TDAH peut prendre une forme surtout inattentive, surtout hyperactive et impulsive, ou mixte. Les difficultés sont présentes depuis l’enfance et se retrouvent dans plusieurs domaines de la vie : école, travail, maison, relations.

Inattention

Difficulté à rester concentré, oublis, objets perdus, tâches commencées mais non terminées.

Hyperactivité

Besoin de bouger, difficulté à rester assis ; chez l’adulte, plutôt une agitation intérieure.

Impulsivité

Agir ou parler avant de réfléchir, difficulté à attendre son tour.

Émotions

Des émotions intenses et difficiles à réguler, une grande sensibilité à la critique.

Organisation

Gérer le temps, planifier et s’organiser demande beaucoup d’efforts et fatigue.

Souvent méconnu

Les filles et les femmes, souvent moins agitées, sont fréquemment diagnostiquées tard, parfois à l’âge adulte.

Un diagnostic possible à tout âge

Chez l’enfant, les premiers signes peuvent être repérés par les parents, l’école ou le médecin. Le médecin peut orienter vers une évaluation spécialisée, notamment via les plateformes de coordination et d’orientation des troubles du neurodéveloppement.

Pour l’autisme chez l’adulte, le diagnostic est souvent posé tardivement. Il passe par un psychiatre ou une équipe formée à l’autisme ; les Centres Ressources Autisme (CRA) interviennent pour les situations complexes.

Pour le TDAH, le diagnostic est posé par un médecin formé (pédiatre, pédopsychiatre, neurologue ou psychiatre), à partir d’entretiens, de questionnaires et de l’histoire depuis l’enfance, en vérifiant que les difficultés se retrouvent dans plusieurs lieux de vie.

Dans les deux cas, d’autres causes doivent être écartées : troubles du sommeil, anxiété, problème d’audition ou de vision, mais aussi la fatigue et la douleur chroniques.

Adapter l’environnement, soutenir l’autonomie

L’accompagnement se construit avec la personne et ses proches, selon ses besoins, ses forces et ses envies.

Aménagements du quotidien

Repères visuels, environnement sensoriel adapté, temps de pause, outils d’organisation : de petites adaptations font souvent une grande différence.

Professionnels

Orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, accompagnement éducatif ou psychologique, selon les besoins.

Comprendre et s’organiser

Pour le TDAH : information sur le trouble (psychoéducation), programmes pour les parents et thérapies cognitives et comportementales.

Médicaments

Pour le TDAH, un traitement peut être proposé et suivi par un médecin spécialiste, en complément des autres aides. Si vous avez aussi un POTS ou un trouble cardiaque, signalez-le au médecin : certains traitements peuvent accélérer le cœur. Il n’existe pas de médicament qui traite l’autisme lui-même.

École et travail

La MDPH peut accorder des aides : accompagnant à l’école, aménagements d’examens, reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé…

Droits et démarches

Santé globale

Troubles du sommeil, anxiété ou troubles digestifs sont fréquents chez les personnes autistes ou ayant un TDAH et méritent d’être pris en charge.

Prudence : méfiez-vous des méthodes qui promettent de « guérir » l’autisme ou le TDAH. Les recommandations de la HAS décrivent les accompagnements validés.

SED, hypermobilité et neurodéveloppement

Plusieurs études, dont une grande étude suédoise menée sur l’ensemble de la population (2016), ont observé que l’autisme et le TDAH sont plus fréquents chez les personnes ayant un syndrome d’Ehlers-Danlos ou une hypermobilité, et chez leurs proches.

Les raisons de ce lien sont encore à l’étude. Les professionnels qui suivent une personne ayant un SED ont donc intérêt à penser aussi à ces particularités, et inversement. La fatigue, la douleur ou une dysautonomie peuvent aussi gêner la concentration : il faut en tenir compte avant de conclure à un TDAH.

Vous êtes concerné(e) par l’autisme ou le TDAH ?

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